Lundi 5 janvier 2026 : une belle reprise pour les commerces (extra)ordinaires avec une interview de Thibaut Garnier, créateur d’une remarquable galette à la Chartreuse Verte
- Clarisse Amadieu Le Claire
- 5 janv.
- 2 min de lecture
Malgré les traces laissées par les agapes de noël et du jour de l’an, il n’est pas encore temps de raccrocher les gants. Après l’heure de la poularde demi-deuil ou du homard thermidor vient celle de l’épiphanie.
Ayant testé, à titre de préliminaires, la galette Pécan de Nicolas Bernardé à La Garenne-Colombes, ou celle frangipane et cœur amande de Yazid Ichemrahen et Alexandre Favre au Royal-Monceau, ma curiosité n’a pas résisté à la galette à la Chartreuse Verte de Thibaut Garnier, sur une suggestion de Monika Seidel, ma consoeur et amie de longue date.
Etabli depuis 2022 au 2 rue Pétel dans le 15ème, Thibaut règne seul sur l’Atelier, du laboratoire à la boutique, largement par nécessité : dans un contexte d’idéalisation du métier de pâtissier, alimentée par les productions des grands maître du nom sur Instagram, les vocations étriquées des apprentis ne résistent souvent pas longtemps à la dureté de cette profession. Stress, horaires décalés, compétition effrénée, sont le lot quotidien de ces pourvoyeurs de douceurs sucrées.
Fils d’un gendarme et d’une mère au foyer peu enthousiasmée par la cuisine ou la pâtisserie, c’est en suivant scrupuleusement les recettes de Christophe Felder que Thibaut, alors collégien affute ses premières spatules. Intrigué par cette production gourmande, le proviseur du collège convoque Madame Garnier qu’il soupçonne d’être à la manœuvre et une fois détrompé, lui intime d’encourager ce talent encore en jachère en l’inscrivant dans une école de pâtisserie. De fil en aiguille, ou de relais des desserts en hôtel de luxe, devrais-je dire, Thibaut atterrit en 2022 avec élégance et maestria selon ses afficionados au 2 rue Pétel pour y promouvoir sa vision personnelle de la pâtisserie.
Sa galette à la Chartreuse Verte dégustée en crash-test ce 5 janvier est une pure gourmandise. Outre un feuilletage croustillant et beurré à souhait, tout en conservant une remarquable légèreté, cette liqueur monastique qu’est la Chartreuse Verte, complétée par des touches d’angélique confite, diffuse dans une frangipane désucrée, ses arômes caractéristiques, à la fois herbacés, poivrés et légèrement anisés, en réalité difficiles à décrire puisque 130 plantes la composent, mais en l’espèce dépourvus de toute sensation alcoolisée.
Reine des liqueurs monastiques, encore fabriquée par les pères chartreux au sein de la distillerie d’Aiguenoire, après une sélection rigoureuse des plantes dans l’enceinte même de l’Abbaye de la Grande Chartreuse, la Chartreuse Verte connait aujourd’hui un tel succès que l’on a craint la pénurie. Elle se consomme bien entendu avec modération, mais dans une galette, les risques de ne pas passer l’alcotest sont assez limités.


